Arles
Qui n'a pas entendu, une fois dans sa vie, parler des arènes d'Arles? Qui n'a jamais été impressionné par la splendeur des ruines romaines, et par les couleurs des corridas? Arles était pour nous tellement mythique que nous avons décidé de ne pas aller à Nîmes ou Marseille pour elle. Ce fut une erreur.
Arles aurait dû être une belle ville, un endroit magique, où il fait bon vivre, où les senteurs du Sud se mêlent aux saveurs et aux couleurs de la Provence et de la Camargue...
Mais non. Arles est une ville froide, malgré les couleurs chaudes de ses habitations, malgré l'accent chantant de sa région. A peine arrivés aux arènes, nous repartons à la recherche d'un distributeur automatique, que nous trouvons à côté des thermes de Constantin. La visite de la ville commencera donc par les thermes. Quelle erreur !!! A côté de trois pierres en ruines se trouve la caisse, une petite cabane en tôle ondulée... Ici on ne prend pas la carte bleue, mais on vous arrache vos sous: une femme entre deux âges, certainement aigrie par son métier, ne se donne même pas la peine de raccrocher le téléphone, en pleine conversation avec sa copine de l'amphithéâtre, pour nous accueillir en grognant. "Ca vous fera 11€. Comment ça? Je n'ai pas la monnaie sur 20, je n'ai pas de pièces. vous n'avez qu'à aller faire de la monnaie." Et de nous compter péniblement neuf pièces de 1€, après nous avoir vus nous énerver. Bonjour l'accueil ! Les habitants sont loin d'être aimables, et ont plutôt l'air de voir d'un oeil hostile l'arrivée de touristes "étrangers" en hors saison... Nous entrons dans les thermes, grosse déception à l'arrivée. Non contente de nous avoir rendu la monnaie en petites pièces, la charmante dame nous a donné le guide en anglais: "Ben je n'ai plus en français, je vous donne en anglais". Et de reprendre sa conversation téléphonique avec sa copine. Et les thermes ne sont pas si conséquents que ça. Pour compenser, nous mitraillons toutes les vieilles pierres, histoire de voir si au moins elles sont photogéniques.
Retour à l'amphithéâtre. Les billets des thermes sont combinés. Nous entrons donc directement dans les arènes. Nouvelle déception. Cette fois, le guide est en français, mais c'est ue feuille volante toute petite. Pas d'audioguide, mais l'amphi juste pour nous. Les touristes se font rares à cette époque de l'année. Nouvelle séance de photos, sous tous les angles. A défaut d'avoir des explications, nous prenons les clichés. Puis, direction le musée de l'Arles et de la Provence antiques via une promenade qui devrait être sympathique le long du Rhône. Mais là encore, Arles ne se révèle pas à la hauteur. Les rues sont toutes petites, très étroites, et sentent mauvais: les habitants ont semble-t-il coutume de jeter leurs seaux d'eaux sales dans le caniveau... Arrivés au Rhône, nouvelle surprise: la promenade est jonchée d'excréments canins tous les 3 mètres...
Le musée rattrape un peu le coup, malgré sa situation exceptionnelle: à l'extérieur de la ville, à plusieurs kilomètres du centre donc du moindre restaurant... Nous nous contenterons de l'hôtel le plus proche, à quelques minutes à pieds. Pas vraiment typique comme cuisine, mais il ne faut pas trop en demander... Ceci dit, la nourriture est bonne. Après un petit café réconfortant, nous repartons vers le musée. Enfin une bonne surprise: il est d'une richesse inépuisable sur l'Antiquité. Cette fois, nous rentabilisons le prix du billet. La visite ne durera pas des heures, mais au moins, cela fait une compensation au reste. Arles devait être une ville sympa dans l'Antiquité. Une ville où il faisait bon vivre. Elle a bien changé...